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Ghosting, silences et ambiguïtés : quand l’incertitude devient une blessure
Il suffit aujourd’hui de quelques secondes pour disparaître : ne plus répondre, bloquer un numéro, retirer un match, laisser une conversation s’éteindre. L’écran nous épargne le regard de l’autre, sa déception, ses questions, parfois même la nécessité de dire simplement : « Je ne souhaite pas continuer. » Le geste est devenu si facile qu’il peut presque sembler banal. Mais derrière un profil, il y a toujours quelqu’un, et une personne n’est pas une fenêtre que l’on ferme lorsqu’elle ne nous intéresse plus.
Le ghosting commence souvent ainsi. Quelqu’un était là, écrivait, appelait, proposait de se revoir. Parfois il y a eu un dîner, plusieurs rendez-vous, de la sexualité, des confidences ou le début de quelques projets. Puis plus rien. Pas de dispute, pas de séparation clairement exprimée, pas même cette petite phrase ordinaire mais finalement précieuse : « Je préfère que nous en restions là. » La relation semble terminée, mais personne n’a réellement prononcé sa fin.
Et ce silence est d’autant plus étrange que l’autre continue parfois d’exister sous nos yeux. Il publie une photo, regarde une story, se connecte, change son profil. Il n’a donc pas disparu du monde : il a seulement disparu de la relation. C’est précisément ce qui rend le ghosting si particulier et parfois si douloureux. Quelque chose s’est arrêté, mais celui qui reste ne sait ni exactement quand, ni pourquoi, ni même parfois s’il doit considérer que tout est réellement terminé.
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