Sexualité · Désir, plaisir & intimité
La sexualité n’est pas un besoin...
Imaginez la scène. Élise tend son téléphone à Karim : une psychologue très suivie y explique que la sexualité n’est pas un besoin, que personne n’en est jamais mort et que, s’il existe une tension, « il y a mille façons de se détendre ». Karim regarde jusqu’au bout, rend le téléphone et, pendant quatre mois, ne demande plus rien.
La formule fait mouche parce qu’elle vise un vrai problème. Pendant longtemps, le désir masculin a été présenté comme une pulsion presque irrépressible, quelque chose qu’un homme aurait du mal à contenir et dont les femmes auraient, d’une manière ou d’une autre, à assurer l’intendance. Ce discours-là a fait des dégâts et il fallait le démonter. Mais à force de vouloir frapper fort, on peut frapper à côté. Déconstruire l’idée qu’un homme aurait un droit au sexe ne nécessite pas de nier ce qu’il ressent.
Ce que cette phrase a de profondément juste
Disons-le sans détour : la sexualité n’est pas un besoin vital. On peut vivre sans activité sexuelle, parfois longtemps, parfois toute une vie. Et surtout, la sexualité n’est pas un dû. Personne ne doit de rapports à personne, pas plus dans le mariage qu’ailleurs ; le consentement ne devient jamais secondaire parce que l’un des partenaires souffre d’un manque. L’Organisation mondiale de la santé inscrit d’ailleurs une sexualité libre de coercition, de discrimination et de violence parmi les conditions de la santé sexuelle.
L’ancien scénario de la sexualité masculine n’a pas seulement pesé sur les femmes. Il a aussi enfermé les hommes. Un homme devait avoir envie, souvent, prendre l’initiative, être disponible, savoir quoi faire et ne pas trop souvent dire : « Pas ce soir. » Le vieux mythe n’était pas seulement : “les hommes désirent”. Il était : “un homme doit désirer”. Et ça, oui, nous l’avons largement mis dans leur tête.
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