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Dossier L'infidélité : comprendre, traverser, décider

Vous n’avez rien fait. Alors pourquoi le cacher ?

Le téléphone vibre. Vous lisez le message, souriez, puis retournez l’écran quand votre partenaire entre dans la pièce. Il ne s’est encore rien passé — pas de baiser, pas de sexe — mais une question mérite déjà d’être posée : pourquoi cette relation commence-t-elle à devoir être cachée ?

Par Laurent Huz · 12 août 2026 · 8 min Abonnés
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Vous n’avez rien fait. Alors pourquoi le cacher ?
L'infidélité émotionnelle commence souvent par de petites omissions, bien avant tout geste physique.

Tant qu’il n’y a pas eu de sexe, rien ne s’est passé ?

Notre représentation de l’infidélité reste très liée à la sexualité. Embrasser quelqu’un, coucher avec lui, entretenir une liaison : ce sont les frontières que nous identifions le plus facilement. Avant cela, le territoire paraît beaucoup plus flou. Tant qu’aucun passage à l’acte n’a eu lieu, il est tentant de se dire : « Je n’ai rien fait. »

Un déjeuner avec un collègue n’est évidemment pas une infidélité. Un message envoyé le soir non plus, et vivre en couple ne signifie pas renoncer à toute relation avec le monde extérieur. Mais les mêmes gestes peuvent changer de sens lorsque l’on commence à attendre ce déjeuner, à guetter ce message ou à réserver à cette personne une place particulière.

Puis apparaît parfois une première omission. On ne raconte plus tout à fait la rencontre, on prononce moins souvent le prénom, on répond lorsque l’autre n’est pas là. Une frontière n’est pas toujours franchie d’un seul pas ; elle peut se déplacer sans bruit.

Être attiré par quelqu’un d’autre est normal

Être en couple ne nous rend ni aveugles ni asexués. Nous travaillons, sortons, rencontrons des personnes, et certaines peuvent nous toucher davantage que d’autres. L’attirance peut être physique, mais aussi émotionnelle ou intellectuelle : quelqu’un nous intrigue, nous fait rire, nous donne envie d’en savoir plus. Rien de cela n’a besoin d’être nié.

La question intéressante n’est donc pas : « Ai-je le droit de ressentir cela ? » Elle est plutôt : « Qu’est-ce que j’en fais ? » Nous ne choisissons pas toujours ce qui nous attire, mais nous choisissons une partie de ce que nous allons nourrir autour de cette attirance. C’est là que nos valeurs et les accords du couple commencent à compter.

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Laurent Huz

Laurent Huz

Auteur, formateur, thérapeute de couple

Fondateur de Mon Couple Magazine. Thérapeute de couple et formateur, fondateur de Deux Mains Ensemble et de la méthode TCCI. Auteur d'« Au cœur du couple » (Dunod).

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