Crises & séparations · Emprise & violences conjugales

Violences conjugales : après la plainte...

On imagine souvent la plainte comme une arrivée, le bout d'un long courage. C'est en réalité un départ. Voici le parcours qui s'ouvre ensuite, raconté simplement, sans promesse et sans découragement.

Par Laurent Huz · 14 août 2026 · 7 min Abonnés
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On croit que porter plainte, c'est confier son histoire à la justice et attendre l'audience. Dans les faits, la plainte n'ouvre pas un procès. Elle ouvre une enquête. Et entre les deux s'étend un chemin dont presque personne ne parle à celles et ceux qui s'apprêtent à le prendre.

Ce chemin, l'actualité vient de le remettre en pleine lumière. L'affaire Lyhanna, du nom de cette fillette tuée dans le Gers au printemps, ne relève pas des violences conjugales : elle concerne des violences sexuelles sur mineurs. Mais elle a mis au jour quelque chose qui vaut pour toutes les plaintes. L'homme mis en cause avait déjà fait l'objet de signalements et de procédures restés sans suite.

Le garde des Sceaux a reconnu des défaillances de l'institution et lancé une revue nationale des dossiers. Les premiers constats font état de procédures jamais transmises à la justice, parfois égarées. Ce qui est en cause n'est donc pas la parole des victimes, mais ce que l'institution en fait ensuite. On saura dans les mois qui viennent ce que cette révision produira. En attendant, une question très concrète reste posée à qui vit des violences au sein de son couple : quand j'aurai déposé plainte, que va-t-il se passer, pour moi, pour lui ou pour elle, pour nos enfants ?

C'est à cette question que cet article essaie de répondre. Pas pour promettre que tout ira vite et bien : ce serait faux. Pas non plus pour décourager : ce serait injuste, et parfois dangereux. Simplement pour que le parcours cesse d'être une zone d'ombre, parce qu'on traverse mieux ce que l'on comprend.

Ce qu'une plainte est, et ce qu'elle n'est pas

Porter plainte, c'est signaler à la justice des faits que l'on estime être une infraction, en demandant qu'ils soient poursuivis. Cela se fait dans un commissariat ou une gendarmerie, qui n'ont pas le droit de refuser, ou par courrier au procureur de la République. La main courante, elle, consigne des faits sans demander de poursuites. Elle laisse une trace datée, ce qui n'est pas rien, mais elle ne déclenche pas à elle seule la machine judiciaire.

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Laurent Huz

Laurent Huz

Auteur, formateur, thérapeute de couple

Fondateur de Mon Couple Magazine. Thérapeute de couple et formateur, fondateur de Deux Mains Ensemble et de la méthode TCCI. Auteur d'« Au cœur du couple » (Dunod).

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